J'ai beaucoup apprécié la tension qui innvervait chaque scène et le drame intimiste abordé dans Une Séparation, sans le porter toutefois aux nues, comme c'était le cas au moment de sa sortie par l'ensemble de la presse et du public. Le Passé m'a par contre le plus souvent laissé relativement indifférent : j'ai ressenti peu d'empathie et même peu d'intérêt pour l'ensemble des personnages et des drames qui se jouent entre eux, à l'exception de celui joué par Ali Mosaffa, peut-être parce qu'il est iranien, et j'y ai également perçu peu d'enjeux réellement cinématographiques.

 

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Comme d'autres avant lui, Asghar Farhadi a rejoint la France pour poursuivre sa carrière, même s'il me semble d'ailleurs qu'il était loin d'être honni par le gouvernement iranien en place. Comme c'est hélas souvent le cas alors, son cinéma s'est affadi et devient à mon sens plus impersonnel, comme dilué dans des scénarios trop habituels dans notre cinéma hexagonal : des histoires de remariage, de familles recomposées, de crises du couple si souvent présentes sur nos écrans. La résolution d'un petit mystère scénaristique vivifie un peu la dernière demi-heure du récit, autour d'une histoire de robe de pressing et d'envoi de mails qui illustre des trahisons intimes en cascade, mais même si les relations humaines sont traitées avec finesse, le sentiment d'avoir gagné un nouveau cinéaste français et perdu un cinéaste iranien ne constitue pas à mes yeux la meilleure nouvelle qui soit dans le paysage du 7e art...